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Rentrée littéraire : Torrentius de Colin Thibert

Ce petit roman d’une centaine de pages se lit très facilement, avec son style clair, direct et un brin d’ironie voire d’humour plutôt bien venu, dans un contexte aussi dramatique.

L’histoire

Brigby, un anglais qui cherche des œuvres d’art pour la collection royale, découvre le  travail  prodigieux de Torrentius, de son vrai nom Johannes van der Beeck, un peintre flamand du 17ème siècle, que l’histoire a oublié.

Libertin passionné qui dérange l’ordre moral et religieux avec sa vision hédoniste de l’existence, l’artiste  est romanesque, extravagant et provocateur, il dessine des œuvres érotiques qui se vendent sous le manteau, vivant dans le faste et la débauche.

Bien que les marchands ou les artistes se livrent également à tous les excès, ceux-ci se cachent alors que Torrentius s’en vante. Il devient alors l’objet de toutes les rumeurs et s’en amuse, se pensant protégé par ses relations.

Pris pour cible par l’Inquisition protestante, sa quête de sens et de vérité lui vaut d’être accusé d’appartenir à l’Ordre des Rose-Croix, il est accusé de pacte avec le diable, d’hérésie, d’immoralité. Arrêté, torturé et condamné, le talentueux peintre voit alors son destin tragiquement brisé.

Portrait de Johannes van de Beeck,
par Jan van de Velde,1628.

Mon avis

Personnellement, j’ai apprécié les pistes de réflexions philosophiques, religieuses, ainsi que les paradoxes psychologiques exposés. Le livre se lit très vite mais il engage, selon moi, une réflexion sur certains aspects de la nature humaine.

Le raisonnement limité et étroit des prédicants, leur rapport à la vie, à la sexualité et à ceux qui ne partagent pas leurs convictions est bien mis en avant, avec toutes les conséquences que cela implique dans le quotidien des citoyens, mais les excentricités de Torrentius, ses excès, son obstination et leurs conséquences négatives sont tout autant soulignés, ce qui laisse une impression étrange à la fin du livre : ce personnage énigmatique fascine autant qu’il dérange.

Pour finir, je dirais que certains points subtilement évoqués tout au long de l’ouvrage auraient gagné à être plus amplement développés (références historiques, philosophiques, initiatiques : la Cie des Indes, les anecdotes sur Rembrandt et Rubens, les messages cachés dans les œuvres, la peinture profane décorative, etc.) mais je comprends que ce n’était pas l’objet de cet ouvrage sans prétention, et je lui trouve le mérite d’avoir su aborder toutes les facettes possibles du contexte historique.

Cette oeuvre signée Torrentius est en réalité attribuée à Peter Quast (1605-1647). Elle copie une illustration de Torrentius et ressemble fortement à l’oeuvre qui sert de point de départ au roman de Thibert.

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